Dans la première partie, nous avons posé les premières briques.
Nous avons parlé d’apprentissage, de communication et de vente. Autrement dit, de notre capacité à développer une compétence, à la rendre compréhensible et à créer suffisamment de valeur pour que quelqu’un accepte de la rémunérer.
Mais développer une compétence ne suffit pas.
Nous pouvons devenir très bons dans notre domaine et malgré tout continuer à mal gérer ce que nous gagnons.
Nous pouvons gagner davantage sans construire davantage de liberté.
Nous pouvons travailler énormément sans jamais bénéficier de l’effet cumulatif de nos efforts.
Et nous pouvons même avoir de bonnes compétences tout en avançant beaucoup trop seuls.
La question devient donc maintenant :
Que devons-nous faire de notre capacité à créer de la valeur ?
C’est ce que je vous propose d’explorer dans cette deuxième partie d’article.
Si vous ne l’avez pas encore lue, le lien vers l’article est juste ici : Comment développer les compétences qui nous rendront riche ? – Nos états d’Am’s
4. Nous devons apprendre à choisir où investir nos années
Nous disposons tous du même problème : notre temps est limité.
Nous pouvons gagner davantage d’argent. Nous pouvons apprendre plus vite. Nous pouvons déléguer certaines tâches, mais nous ne pouvons pas acheter une deuxième vie pour recommencer celle-ci avec davantage de temps.
Nos années sont donc probablement notre capital le plus difficile à remplacer.
Cela devrait nous rendre particulièrement attentifs à la manière dont nous les investissons.
Le problème, aujourd’hui, n’est pourtant plus de trouver quelque chose à apprendre, c’est presque l’inverse.
Nous avons accès à tellement de formations, de livres, de podcasts, de vidéos et d’opportunités que nous pouvons facilement passer notre temps à commencer sans jamais approfondir.
Or une compétence réellement utile demande de la répétition, de la pratique, des erreurs, du feedback et surtout, du temps.
Nous devons donc apprendre à choisir.
Warren Buffett a beaucoup insisté, dans sa réflexion sur le « cercle de compétence », sur l’importance de connaître les limites de ce que nous comprenons réellement.
L’idée est simple : nous n’avons pas besoin de comprendre tout ce qui existe. Nous avons intérêt à savoir dans quels domaines nous pouvons réellement développer une compréhension suffisamment profonde pour prendre de bonnes décisions.
Cela vaut aussi pour nos compétences, nous ne pouvons pas devenir excellents partout.
Nous devons identifier les domaines dans lesquels nous sommes prêts à investir plusieurs années.
Puis chercher comment les combiner.
Car notre valeur ne vient pas nécessairement d’une compétence exceptionnelle, elle peut venir de la combinaison de plusieurs compétences solides.
Un excellent pédagogue qui sait écrire peut toucher davantage de personnes.
Un spécialiste qui sait communiquer peut rendre son expertise accessible.
Un coach qui comprend la création de contenu peut développer son activité différemment d’un coach qui ne fait qu’échanger son temps contre celui de ses clients.
La question n’est donc pas seulement : « Quelle compétence pourrais-je apprendre ? »
Mais : « Quelle compétence mérite plusieurs années de ma vie ? »
Cette question est beaucoup plus exigeante.
Elle nous oblige à renoncer à certaines possibilités pour donner une véritable profondeur à celles que nous choisissons.
Et cela nous ramène à une idée déjà développée chez Nosetadam : notre attention est une ressource limitée. Inutile de refaire ici tout le raisonnement ; nous pouvons simplement nous demander où nous voulons réellement investir cette ressource.
Parce qu’une compétence ne devient précieuse que lorsqu’on lui donne suffisamment de temps pour le devenir.
5. Nous devons apprendre à faire travailler l’argent que nous créons.
Créer davantage de valeur et augmenter nos revenus est une chose. Construire de la richesse en est une autre.
Nous pouvons gagner 3 000 euros par mois et tout dépenser.
Nous pouvons en gagner 6 000 et tout dépenser également.
Dans les deux cas, notre revenu a augmenté, mais notre patrimoine, lui, n’a pas nécessairement progressé.
Il faut donc apprendre une nouvelle compétence : gérer ce qui entre pour pouvoir construire ce qui restera.
La première étape consiste à créer une différence entre ce que nous gagnons et ce que nous dépensons.
Cette marge constitue une possibilité.
Elle peut servir à constituer une réserve, à investir dans nos compétences, à financer un projet ou à investir sur le long terme.
John Bogle, fondateur de Vanguard et figure majeure de l’investissement indiciel, a défendu une approche qui peut nous être utile ici : réduire les coûts, diversifier et laisser le temps jouer son rôle plutôt que de chercher constamment le prochain coup extraordinaire.
Son parcours illustre une idée importante : la construction patrimoniale ne dépend pas nécessairement de notre capacité à trouver en permanence la meilleure opportunité, mais dépend aussi de notre capacité à éviter les mauvaises décisions répétées.
Nous pouvons d’ailleurs appliquer exactement le même raisonnement à notre vie quotidienne.
Chaque euro que nous dépensons disparaît de notre capacité à l’utiliser autrement.
Cela ne signifie évidemment pas qu’il faut arrêter de profiter de son argent, car l’argent est aussi fait pour vivre. Mais si nous voulons que notre richesse nous donne davantage de liberté demain, nous devons accepter de ne pas tout consommer immédiatement.
La richesse commence donc moins par ce que nous gagnons que par ce que nous sommes capables de conserver et de transformer.
Et une fois que nous avons compris cela, une autre question apparaît :
comment faire pour que nos efforts continuent à produire des résultats sans que nous devions recommencer chaque jour à partir de zéro ?
6. Nous devons apprendre à construire plutôt qu’à recommencer.
Nous pouvons travailler davantage, mais nous pouvons aussi construire des choses qui continuent à produire de la valeur après notre travail initial.
Un livre peut continuer à être lu, une formation peut continuer à être vendue, une vidéo peut continuer à être regardée.
Une entreprise peut fonctionner grâce à des processus, un investissement peut continuer à produire un rendement.
Une réputation peut continuer à nous ouvrir des portes.
C’est ce que signifie penser en systèmes.
Au lieu de nous demander uniquement : « Qu’est-ce que mon travail va me rapporter aujourd’hui ? »
Nous pouvons commencer à demander : « Qu’est-ce que je peux construire aujourd’hui qui continuera à produire de la valeur demain ? »
Jeff Bezos offre un exemple intéressant de cette logique avec Amazon. Une partie de la stratégie de l’entreprise a consisté à réinvestir dans les infrastructures, la technologie, la logistique et l’expérience client plutôt que de chercher uniquement à maximiser le résultat immédiat.
L’intérêt de cet exemple n’est pas de nous dire que nous devons créer le prochain Amazon.
C’est de comprendre le mécanisme.
Certains efforts ne sont pas intéressants uniquement pour leur résultat immédiat. Ils le deviennent parce qu’ils construisent quelque chose qui permet aux efforts futurs d’être plus efficaces.
C’est l’effet composé et il ne concerne pas uniquement l’argent.
Nos compétences se composent, mais aussi notre réputation, notre audience, nos contenus, notre réseau et aussi notre expérience.
Un premier article peut sembler inutilement petit, mais cent articles construisent autre chose.
Une première rencontre peut sembler insignifiante, mais plusieurs années de relations peuvent créer un environnement complètement différent.
Une première somme investie ne changera probablement pas notre vie, mais une habitude d’investissement maintenue pendant des années peut produire un résultat très différent.
Le long terme ne garantit évidemment aucun résultat, mais sans lui, nous nous privons mécaniquement de l’effet cumulé.
7. Nous devons apprendre à ne plus avancer seuls
Il existe pourtant une limite à cette logique.
Nous pouvons apprendre, construire, travailler, investir et malgré tout perdre énormément de temps si nous essayons de tout découvrir seuls.
Certaines personnes peuvent nous apprendre en quelques heures ce qu’elles ont mis plusieurs années à comprendre, d’autres peuvent nous éviter une erreur.
Certaines peuvent nous présenter à quelqu’un et d’autres peuvent simplement nous aider à voir un problème sous un angle que nous n’avions pas envisagé.
C’est la véritable utilité d’un réseau, pas le nombre de personnes enregistrées dans notre téléphone, pas le nombre d’abonnés, pas une collection de cartes de visite.
Un réseau est un ensemble de relations dans lesquelles circulent de la confiance, des connaissances, des expériences et des opportunités.
Naval Ravikant illustre bien cette manière de penser. Son parcours d’entrepreneur et d’investisseur repose notamment sur sa capacité à évoluer dans des environnements où se rencontrent entrepreneurs, investisseurs et personnes possédant des compétences complémentaires.
L’idée intéressante n’est pas de chercher à devenir comme lui, mais de comprendre que nous n’avons pas besoin de posséder toutes les compétences lorsque nous savons où trouver celles qui nous manquent.
Au début, nous voulons savoir faire, puis nous apprenons à savoir déléguer et nous pouvons finalement apprendre à savoir qui sait faire.
Cela suppose également d’accepter de nous entourer de personnes qui savent davantage que nous dans certains domaines.
Nous n’avons pas besoin d’être la personne la plus compétente de la pièce. Au contraire.
Si quelqu’un sait mieux vendre que nous, nous pouvons apprendre.
Si quelqu’un connaît mieux notre marché, nous pouvons écouter.
Si quelqu’un maîtrise une technologie que nous ne comprenons pas, nous pouvons lui demander de l’aide.
Notre ego aimerait parfois avoir toutes les réponses cependant notre progression a davantage besoin de bonnes questions.
Et ce réseau ne se construit pas uniquement lorsque nous avons besoin de quelque chose.
Une relation solide commence souvent bien avant. Partager, aider, recommander, échanger, être curieux, donner avant de demander.
Nous pouvons donc cesser de considérer notre réseau comme un outil commercial et le considérer comme un environnement de progression.
Il existe une question particulièrement utile à nous poser :
« Qui pourrais-je aider, et qui pourrait m’aider à progresser ? »
Les deux réponses ont leur importance.
8. Nous devons apprendre à transformer notre richesse en liberté.
Nous arrivons alors à un point essentiel.
Pourquoi cherchons-nous à développer toutes ces compétences ?
Pourquoi apprendre davantage ?
Pourquoi créer plus de valeur ?
Pourquoi chercher à gagner plus ?
Pourquoi investir ?
Pourquoi construire des systèmes ?
Pourquoi développer notre réseau ?
Si la seule réponse est « pour avoir davantage d’argent », nous risquons de nous retrouver dans une course sans ligne d’arrivée.
Parce qu’il y aura toujours quelqu’un qui possède davantage, parce que nos besoins peuvent augmenter aussi vite que nos revenus.
La question devient alors :
qu’allons-nous faire de cette richesse ?
Tim Ferriss a largement contribué à populariser cette réflexion autour du temps et du mode de vie : augmenter nos revenus n’a de sens que si cela nous permet de construire une vie que nous avons réellement envie de vivre.
Nous pouvons retenir le principe sans reprendre toutes ses méthodes.
L’argent doit servir quelque chose.
Et si la liberté est une valeur importante pour nous, alors l’argent peut devenir un moyen d’augmenter notre marge de manœuvre.
Pouvoir dire non, changer de direction, réduire une activité qui nous pèse trop.
Pouvoir consacrer du temps à un projet qui nous tient à cœur, « aider » accompagner quelqu’un, pouvoir « aider » accompagner de plus en plus de personnes.
Pouvoir apprendre, prendre une décision sans que chaque conséquence financière immédiate nous l’interdise.
Voilà une définition beaucoup plus intéressante de la richesse, pas simplement avoir plus.
Mais dépendre un peu moins de certaines contraintes voire même nous en libérer.
La richesse n’est donc pas automatiquement synonyme de liberté, mais il est indéniable qu’elle peut cependant contribuer à la construire.
Et cela change notre rapport à l’argent.
Nous ne cherchons plus nécessairement à devenir riches pour posséder davantage.
Nous cherchons à développer suffisamment de ressources pour disposer de davantage de choix, d’autonomie, de temps pour ce qui est vraiment important pour nous
Ce qui nous ramène finalement à notre point de départ : devenir capables.
9. Nous devons apprendre à commencer.
Il ne reste alors qu’un problème.
Nous savons ce qu’il faudrait faire, mais savoir n’est pas faire.
Nous pouvons passer encore dix ans à lire sur les compétences, la finance, l’entrepreneuriat, les habitudes ou la liberté ou commencer à développer quelque chose.
Pas tout ! Quelque chose… une toute petite chose
Une compétence que nous décidons d’approfondir.
Un projet que nous décidons de construire.
Une habitude financière que nous décidons de mettre en place.
Une personne que nous décidons de contacter.
Une relation que nous décidons de cultiver.
Un système que nous décidons de créer.
Nous n’avons pas besoin d’être prêts, nous avons juste besoin d’un premier mouvement suffisamment petit pour être réalisable.
Parce que c’est en pratiquant que nous devenons compétents.
C’est en parlant que nous apprenons à communiquer.
C’est en allant à la rencontre des autres que nous construisons notre réseau.
C’est en gérant réellement notre argent que nous apprenons à mieux le gérer.
C’est en construisant que nous découvrons ce qui fonctionne.
Et c’est en corrigeant que nous progressons.
Le premier pas n’a donc pas besoin d’être spectaculaire, il doit simplement exister.
Et comme je le répète souvent, 1 est mieux que 0.
Puis un deuxième pas et puis un troisième… suffisamment longtemps pour permettre à nos efforts de commencer à se cumuler.
C’est peut-être finalement la compétence qui rassemble toutes les autres : savoir inscrire nos actions dans le temps.
Parce que nous ne deviendrons probablement pas riches grâce à une décision extraordinaire.
Nous pouvons en revanche devenir progressivement plus capables grâce à des centaines de décisions ordinaires.
Apprendre… Pratiquer… Créer… Vendre… Épargner… Investir… Construire… Rencontrer… Recommencer…
Et laissons le temps faire son travail.
Conclusion.
À ce stade, nous pouvons enfin reformuler le titre de cet article.
Nous ne cherchons peut-être pas vraiment à développer les compétences qui nous rendront riches.
Nous cherchons à développer les compétences qui nous permettront de créer davantage de valeur, de conserver une partie de cette valeur et de la transformer progressivement en liberté.
La richesse n’est alors plus une promesse. Elle devient une conséquence possible.
Et la liberté reste la direction à ne jamais perdre de vue.
Est-ce que riche et prisonnier peuvent être les deux faces d’une même pièce ?
Pas pour moi.
À très vite pour la suite !
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