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Netflix plus fort que le développement personnel.

Nous sommes en janvier, la première semaine, précisément.

Celle où les agendas sont encore propres, où les intentions sont grandes, où je me suis promis que cette année serait différente.

Sur la table du salon, un livre de développement personnel attend.

Dans un coin de la tête, une formation repoussée depuis des mois.

Quelque part en moi, l’envie sincère de mieux nous comprendre, de grandir, d’évoluer.

Et pourtant…

Le soir venu, après une journée déjà bien remplie, un autre réflexe s’impose.

La télé s’allume. Netflix me regarde presque avec bienveillance.

« Juste un épisode. Pour me détendre. »

Ce n’est pas un manque de volonté ni un défaut de motivation.

Et ce n’est certainement pas une faiblesse personnelle.

C’est juste humain.

Netflix ne me demande rien.

Pas d’effort. Pas de remise en question. Pas de responsabilité.

Il me propose une histoire clé en main, un confort immédiat, une parenthèse sans friction.

Pendant ce temps-là, mon développement personnel, lui, attend. Silencieux. Exigeant. Inconfortable ou presque.

Alors une question s’impose, un peu provocante, mais profondément honnête :

et si Netflix était réellement plus fort que le développement personnel?

Non pas parce qu’il serait meilleur.

Mais parce qu’il répond plus vite, plus facilement, à ce que mon cerveau réclame lorsque je suis fatigué, hésitant ou vulnérable.

Dans cet article, je ne vais pas accuser Netflix.

Je ne vais pas non plus idéaliser le développement personnel.

Nous allons simplement essayer de comprendre ce qui se joue en nous quand, au moment de choisir entre évoluer et nous évader, nous appuyons presque machinalement sur « play ».

Parce que reprendre la responsabilité de sa vie ne commence pas par de grandes décisions héroïques.

Cela commence souvent par de tout petits choix, banals…

Comme celui que nous faisons, un soir de janvier, sur notre canapé.

1. Netflix n’est pas le problème (et ce n’est pas une faiblesse)

Commençons par lever un malentendu essentiel.

Regarder une série n’est pas un échec personnel. Ce n’est pas un manque de discipline. Ce n’est pas une trahison de nos bonnes résolutions. C’est souvent une réponse naturelle à une fatigue bien réelle.

Nos journées sont denses.

Elles nous demandent de décider, de nous adapter, de gérer des contraintes, des émotions, des imprévus.

Le soir venu, notre système nerveux cherche avant tout une chose : se poser.

Et Netflix excelle dans cet art.

Il nous offre :

  • un plaisir immédiat,
  • une détente sans effort,
  • une histoire qui avance à notre place,
  • une charge mentale réduite à presque rien.
  • Un oubli presque magique de notre quotidien.

En réalité, Netflix ne fait que répondre efficacement à des besoins fondamentaux :

Le repos, la sécurité, l’évasion, parfois même le sentiment d’appartenance quand tout le monde parle de la même série.

Le développement personnel, lui, fonctionne à l’inverse.

Il ne promet pas le confort. Il ne garantit pas le plaisir immédiat. Il nous invite à réfléchir, à ressentir, à remettre en question certaines habitudes, parfois même certaines illusions.

Ce n’est pas séduisant pour un cerveau fatigué et c’est là que le piège commence.

Non pas parce que nous regardons une série, mais parce que nous finissons par croire que nous devrions toujours avoir l’énergie de travailler sur nous.
Et que si ce n’est pas le cas, c’est qu’il y a un problème chez nous.

C’est ce que nous nous racontons, mais dans la réalité ? Ce problème existe-t-il vraiment en nous ?

Le vrai problème apparaît seulement lorsque Netflix n’est plus un choix conscient, mais un automatisme. Lorsque se détendre devient la seule réponse possible.

Lorsque nous ne nous demandons même plus ce dont nous avons réellement besoin à ce moment-là.

Autrement dit :

Netflix n’est pas l’ennemi de notre développement.

L’ennemi, s’il existe, c’est l’absence de choix.

Et tant que nous n’avons pas repris la main sur nos décisions les plus simples…
Il est illusoire d’espérer des changements profonds.

2. Ce que Netflix nous offre… que le développement personnel ne nous promet pas !

Si Netflix est souvent plus fort que le développement personnel, ce n’est pas par hasard.

C’est parce qu’il propose exactement ce que notre cerveau adore… et que le travail sur soi ne garantit jamais.

—>Netflix nous offre d’abord l’immédiateté.

Un clic, et la récompense est là.

L’histoire démarre, les émotions arrivent, l’attention est captée. Il n’y a pas d’attente, pas de délai, pas de frustration.

Le développement personnel, lui, fonctionne sur un autre tempo.

Il demande du temps, du silence.

Parfois même de la répétition avant qu’un effet ne se fasse sentir.

Rien de spectaculaire, rien de rapide.

Netflix nous offre aussi la simplicité.

Tout est pensé pour éviter l’effort : les épisodes s’enchaînent, les décisions sont limitées, le choix est guidé, presque prémâché.

À l’inverse, se développer personnellement, c’est accepter de penser par soi-même.

Choisir un sujet, s’arrêter sur une question, écrire, réfléchir, ressentir. C’est un espace sans scénario préécrit.

Et surtout, Netflix nous offre quelque chose de précieux : l’absence totale de responsabilité.

Nous n’avons rien à réussir ni à changer et encore moins à assumer. Nous sommes spectateurs.

Le développement personnel, lui, nous ramène systématiquement à une vérité inconfortable :

nous sommes acteurs de notre vie, que nous le voulions ou non.

Et cette posture, aussi libératrice soit-elle à long terme, peut être lourde à porter à court terme.

D’un point de vue neurologique, la différence est encore plus nette.

Netflix stimule la dopamine, ce neurotransmetteur de la récompense immédiate.

Le développement personnel, lui, travaille sur des circuits plus lents, plus profonds, souvent liés à l’effort, à la persévérance et à la cohérence dans le temps.

Autrement dit :

Netflix nous fait du bien tout de suite.

Le développement personnel nous fait du bien plus tard.

Et lorsque nous sommes fatigués, incertains, ou simplement en quête de réconfort, le cerveau choisit presque toujours ce qui soulage maintenant plutôt que ce qui construit demain.

Ce choix n’est pas un défaut moral, c’est un réflexe biologique.

La question n’est donc pas : « Pourquoi sommes-nous incapables de travailler sur nous ? »

Mais plutôt : «À quel moment avons-nous appris à écouter uniquement ce qui nous apaise… et à fuir ce qui nous transforme?»

3. Ce qui se joue vraiment quand nous « choisissons » une série.

Quand nous lançons une série à la place de notre développement personnel, nous aimons croire que nous faisons un choix neutre, un simple moment de détente, rien de plus, mais en réalité, ce geste est rarement anodin.

Très souvent, ce n’est pas la série que nous choisissons. C’est ce que nous évitons à cet instant précis.

Travailler sur soi, même quelques minutes, implique de se rencontrer.

De se poser des questions auxquelles nous n’avons pas toujours envie de répondre.

De regarder certaines zones de notre vie qui demanderaient peut-être des ajustements, des décisions, ou du courage. Et cela peut faire peur.

Peur de découvrir que quelque chose ne nous convient plus.

Peur de réaliser que nous savons déjà ce que nous devrions changer.

Peur aussi, paradoxalement, de réussir et de devoir assumer une version de nous plus alignée, plus responsable.

Netflix, lui, ne nous confronte à rien de tout cela, il nous permet de rester à distance, de vivre par procuration, d’éprouver des émotions sans en être à l’origine.

Pendant un épisode, nous n’avons rien à régler, rien à décider, rien à transformer.

Et pour un esprit fatigué ou inquiet, c’est un soulagement immense.

Ce mécanisme n’a rien de pathologique.

C’est une stratégie d’évitement douce, socialement acceptée, presque encouragée.

Une manière moderne de se dire : « pas maintenant ».

Le problème n’est pas ce « pas maintenant ».

Le problème, c’est quand il devient un « pas aujourd’hui », puis un « pas cette semaine », puis un « pas cette année ».

À force de repousser la rencontre avec nous-mêmes, nous risquons de confondre confort et stagnation.

Calme et immobilisme. Repos et anesthésie.

Et sans même nous en rendre compte, nous laissons le scénario de notre vie s’écrire sans nous, pendant que nous suivons avec passion celui des autres.

La question à se poser n’est donc pas :

« Pourquoi est-ce que je regarde une série ce soir ? »

Mais plutôt :

«Qu’est-ce que j’évite de ressentir, de penser ou de décider à cet instant?»

C’est souvent là que commence le véritable développement personnel.

vous pouvez lire aussi : Les 10 lois fondamentales du développement personnel. – Nos états d’Am’s

4. La première semaine de janvier : un moment particulièrement fragile.

La première semaine de janvier n’est pas une semaine comme les autres.

Elle est chargée d’attentes, de projections, de promesses silencieuses que nous nous faisons à nous-mêmes.

Après les fêtes, le rythme ralentit brutalement, les moments de convivialité s’espacent, la routine reprend ses droits et avec elle, une forme de retour à la réalité.

C’est précisément à ce moment-là que le développement personnel devient exigeant.

Il nous invite à regarder notre vie telle qu’elle est, et non telle que nous aimerions qu’elle soit.

Il nous confronte à l’écart entre nos aspirations et nos habitudes réelles.

Cet écart peut être inconfortable.

Donc finalement nous ne fuyons pas seulement la fatigue, nous fuyons parfois la déception de ne pas être déjà devenus la personne que nous avions imaginée le 31 décembre à minuit.

Nous fuyons aussi la pression implicite de devoir changer, progresser, réussir.

Netflix, dans ce contexte, joue un rôle très particulier, il nous permet de suspendre ces injonctions de faire une pause face à ce miroir intérieur que janvier nous tend.

Il n’y a plus d’objectifs, plus de bilans, plus de résolutions.

Juste une histoire qui avance sans nous demander de décider quoi que ce soit.

D’un point de vue stoïcien, c’est là que le basculement s’opère.

Soit nous acceptons ce qui dépend de nous — nos choix, nos efforts, notre attention —

soit nous glissons doucement vers ce qui nous détourne de cette responsabilité.

Et souvent, sans bruit, nous devenons spectateurs de notre propre existence.

Ce n’est pas un échec, c’est une tentation.

La tentation de confier à plus tard le moment de redevenir auteur.

La tentation de laisser passer janvier en se disant que février sera plus calme, mars plus propice, avril plus inspirant…

Mais la vérité est simple :

il n’existe jamais de moment idéal pour se rencontrer soi-même.

Il n’existe que des moments choisis… ou évités.

Et la première semaine de janvier, parce qu’elle est fragile, est aussi une formidable porte d’entrée vers quelque chose de plus conscient.

5. Le vrai danger : confondre repos et fuite.

Se reposer n’est pas un problème, c’est même une nécessité.

Nous avons besoin de moments de relâchement, de légèreté, de distraction.

Un esprit constamment en tension finit par se fermer, pas par grandir.

Le danger n’est donc pas dans se reposer.

Il apparaît lorsque nous ne faisons plus la différence entre repos et fuite.

Le repos nous régénère. La fuite nous anesthésie.

Le repos nous permet de revenir plus présents, plus disponibles.

La fuite nous éloigne progressivement de ce que nous savons important.

La différence est parfois subtile, mais elle se ressent intérieurement.

Après un vrai repos, quelque chose en nous s’ouvre.

L’énergie revient, même doucement.

L’envie d’agir réapparaît.

Après une fuite, au contraire, il reste souvent un goût étrange :

une impression de vide, un léger agacement, parfois même une culpabilité diffuse que nous n’arrivons pas à nommer.

Et c’est là que le cercle se referme.

Plus nous fuyons, moins nous avons d’énergie pour affronter.

Moins nous affrontons, plus nous cherchons à fuir.

Netflix, dans ce schéma, devient moins un espace de détente qu’un réflexe automatique.

Un bouton sur lequel nous appuyons sans même nous demander ce que nous cherchons vraiment.

La question n’est donc pas : « Est-ce que j’ai le droit de regarder une série ? »

Mais plutôt :

«Est-ce que ce que je fais en ce moment m’aide à me retrouver… ou à m’oublier?»

Apprendre à faire cette distinction est un acte de maturité intérieure. Un pas décisif vers une forme de liberté.

Car tant que nous ne savons pas reconnaître nos propres fuites, nous risquons de les défendre, de les rationaliser et même de les protéger.

Et sans le vouloir, nous laissons passer des occasions précieuses de grandir, non pas par manque de courage, mais par manque de lucidité.

6. Reprendre le pouvoir sans supprimer Netflix.

Reprendre la responsabilité de sa vie ne commence pas par des décisions extrêmes.

Il ne s’agit ni de supprimer Netflix ni de transformer ses soirées en séances de développement personnel intensif.

Il s’agit de réintroduire du choix là où l’automatisme s’est installé.

Netflix n’est problématique que lorsqu’il devient une réponse unique, réflexe, inconsciente.

Dès l’instant où nous décidons consciemment, il redevient ce qu’il aurait toujours dû être : un outil parmi d’autres.

Parfois, se développer personnellement ne demande que quelques minutes.

Dix minutes de lecture, une page écrite dans un carnet, une question posée honnêtement à soi-même.

Ces micro-actions ne transforment pas une vie en une soirée, mais elles changent profondément notre posture intérieure.

Une simple règle peut suffire :

Ne pas appuyer sur «play» sans avoir posé un acte conscient pour soi.

Cela peut être :

  • Lire quelques pages d’un livre déjà commencé.
  • Noter une réflexion sur sa journée.
  • Se demander : « de quoi ai-je vraiment besoin maintenant ? »
  • Respirer profondément pendant une minute, sans écran.

Ensuite, regarder une série n’est plus une fuite, c’est un choix assumé.

Un moment de détente qui n’entre plus en conflit avec nos aspirations.

Le développement personnel n’est pas une discipline rigide.

C’est une relation à soi qui se construit dans la durée, à travers de petits engagements tenus.

En reprenant la main sur ces instants ordinaires : nos soirées, nos habitudes, nos réflexes, nous cessons progressivement d’attendre le moment idéal pour changer.

Nous redevenons présents, acteurs et responsables.

Et c’est souvent sur un canapé, un soir de janvier, que ce mouvement commence vraiment.

Conclusion : Redevenir auteur, même sur son canapé.

Netflix n’est ni un ennemi à combattre ni un vice à éradiquer.

Il est un révélateur de notre fatigue, de nos besoins de réconfort et parfois, de notre difficulté à nous rencontrer lorsque le calme revient.

Le développement personnel, lui, n’est pas toujours séduisant.

Il ne promet ni facilité ni immédiateté, il nous invite simplement à reprendre la responsabilité de ce qui dépend de nous, pas à pas, sans héroïsme inutile.

La vraie question n’est donc pas de savoir si Netflix est plus fort que le développement personnel.

La vraie question est de savoir qui décide.

Sommes-nous encore acteurs de nos choix, même les plus anodins?

Ou avons-nous laissé l’automatisme décider à notre place ?

Redevenir auteur de sa vie ne commence pas par de grandes résolutions spectaculaires.

Cela commence souvent par une pause, un instant de conscience, une question posée honnêtement à soi-même, un soir ordinaire.

Et si, cette année, nous arrêtions de nous demander : « Qu’est-ce que je regarde ce soir ? »

Pour commencer à nous demander : «Qu’est-ce que je nourris en moi aujourd’hui?»

Le reste suivra.

À très vite pour la suite.

Vous avez peut-être raté l’article précédent : Le bilan stoïcien de fin d’année : un exercice simple pour redevenir auteur de sa vie. – Nos états d’Am’s

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