Il y a des livres que nous lisons pour nous divertir.
D’autres que nous ouvrons pour apprendre une nouvelle compétence, trouver une réponse à un problème précis ou satisfaire notre curiosité et puis il y a ceux qui font bien plus que cela.
Ceux qui, sans bruit, déplacent une pièce de notre puzzle intérieur. Ils ne bouleversent pas notre vie du jour au lendemain, mais ils modifient notre façon de regarder le monde. Et quelques semaines plus tard, nous nous surprenons à prendre une décision différente, à remettre en question une vieille habitude ou à nous poser une question que nous ne nous étions jamais vraiment posées.
Depuis plusieurs années, la lecture fait partie de mon quotidien. Chaque matin, avant que la journée ne s’emballe, je prends le temps d’ouvrir un livre. Ce rendez-vous est devenu une habitude à laquelle je tiens profondément. Je ne lis pas pour accumuler des connaissances ni pour pouvoir dire que j’ai lu tant de livres cette année. Je lis parce que chaque auteur voit le monde à travers une fenêtre différente, et qu’en regardant par ces fenêtres, j’élargis un peu la mienne.
L’an dernier, j’avais déjà partagé avec vous, un article écrit pour le site : DES LIVRES POUR CHANGER DE VIE par Olivier Roland, quelques ouvrages qui avaient profondément influencé ma manière de penser. Cette année encore, je reviens avec trois livres très différents les uns des autres qui ont marqué mon année de lecteur.
« Le Pouvoir des habitudes » de Charles Duhigg.
« Les Secrets d’un esprit millionnaire » de T. Harv Eker.
« Votre attention est votre superpouvoir » de Fabien Olicard
Mais ces livres n’appartiennent pas au même univers, me direz-vous.
Et vous avez raison, le premier s’appuie sur les sciences du comportement, le deuxième parle de notre rapport à l’argent et de nos croyances, tandis que le troisième explore les mécanismes de notre attention.
À première vue, ils n’ont presque rien en commun et pourtant…
En refermant le dernier d’entre eux, une évidence s’est imposée à moi, ils racontent tous la même histoire.
Une histoire qui ne parle ni d’argent, ni de neurosciences, ni de productivité, mais bien une histoire qui parle de liberté.
Car nous rêvons souvent d’une vie plus libre sans nous demander ce qui, au quotidien, limite réellement notre liberté.
Est-ce le manque de temps ? Le manque d’argent ? Les contraintes de notre environnement ? Ou bien quelque chose de beaucoup plus discret : nos habitudes, nos croyances et ce à quoi nous accordons notre attention ?
Au fond, nous sommes peut-être moins libres que nous le croyons, mais bien plus libres que nous l’imaginons.
C’est précisément ce que ces trois auteurs m’ont aidé à comprendre.
J’aimerais aujourd’hui partager avec vous ce que leurs livres ont changé chez moi et, surtout, la conclusion commune à laquelle ils m’ont conduit : notre liberté ne dépend pas uniquement des circonstances. Elle se construit : un choix, une pensée et une habitude à la fois.
Sommes-nous vraiment aussi libres que nous le croyons ?
J’aime profondément le mot liberté.
Si vous me demandez pourquoi je lis autant, pourquoi je me forme, pourquoi j’écris sur Accueil — Nos états d’Am’s ou pourquoi j’accompagne des personnes en coaching, je finirai presque toujours par revenir à cette idée, être plus libre.
Libre de penser par moi-même.
Libre de choisir une vie qui me ressemble.
Libre de dire non lorsque cela est nécessaire et oui lorsque cela fait profondément sens.
Pendant longtemps, j’ai pourtant cru que la liberté dépendait surtout de facteurs extérieurs.
Je pensais qu’elle viendrait avec davantage de temps, davantage d’argent ou un emploi du temps moins chargé.
J’imaginais qu’un changement de travail, une meilleure organisation ou quelques circonstances plus favorables suffiraient à me sentir enfin libre.
Avec le temps, j’ai compris que les choses étaient plus complexes, car…
il est possible de disposer de beaucoup de temps… et de continuer à le gaspiller.
Il est possible de gagner davantage d’argent… tout en restant prisonnier de ses peurs.
Il est possible d’avoir moins de contraintes… et de reproduire exactement les mêmes comportements qu’hier.
Nous avons tendance à chercher les barreaux de notre prison à l’extérieur alors qu’une partie d’entre eux se trouve parfois à l’intérieur de nous.
Les stoïciens avaient déjà compris cette distinction. Il y a près de deux mille ans, ils nous rappelaient que la première des libertés n’est pas de contrôler le monde, mais d’apprendre à gouverner ce qui dépend de nous : nos jugements, nos choix, nos réactions, nos habitudes.
Cette idée m’a longtemps accompagné, mais sans que je mesure réellement toutes ses implications.
Puis, au fil de mes lectures, j’ai commencé à assembler les pièces d’un même puzzle.
Charles Duhigg m’a aidé à comprendre que nous répétons chaque jour des dizaines d’habitudes dont nous n’avons même plus conscience.
- Harv Eker m’a rappelé que nombre de nos décisions sont guidées par des croyances héritées de notre éducation, de notre environnement ou de notre histoire personnelle.
Enfin, Fabien Olicard m’a montré que notre attention, cette ressource si précieuse, est aujourd’hui sollicitée, captée et parfois même confisquée à longueur de journée.
En apparence, ces auteurs parlent de sujets différents, mais en réalité, ils désignent tous le même phénomène.
Nous croyons choisir, mais bien souvent, nous réagissons.
Nous croyons décider, mais nous suivons des automatismes.
Nous croyons être libres, alors qu’une partie de notre vie est déjà écrite par ce que nous faisons sans y penser, par ce que nous croyons sans le remettre en question et par ce à quoi nous accordons notre attention sans même nous en rendre compte.
La bonne nouvelle, c’est que cette prise de conscience n’a rien de décourageant. Au contraire.
Si nos habitudes peuvent nous enfermer, elles peuvent aussi nous libérer.
Si nos croyances peuvent nous limiter, elles peuvent aussi évoluer.
Et si notre attention peut être détournée, elle peut également être reconquise.
C’est précisément ce que ces trois livres m’ont rappelé, ils ne m’ont pas appris à devenir quelqu’un d’autre. Ils m’ont simplement aidé à reprendre un peu plus le contrôle de celui que je suis déjà.
Et c’est peut-être ainsi que commence la véritable liberté.
1. Nos habitudes fabriquent la vie que nous croyons avoir choisie.
Si je devais résumer « Le Pouvoir des habitudes » de Charles Duhigg en une seule phrase, je dirais ceci : nous devenons ce que nous répétons.
Cela paraît presque banal et pourtant, cette idée est vertigineuse.
Nous passons beaucoup de temps à réfléchir aux grandes décisions qui pourraient changer notre vie : changer de métier, lancer un projet, reprendre le sport, apprendre une langue, créer une entreprise ou enfin écrire ce livre dont nous parlons depuis des années.
Mais Charles Duhigg nous invite à regarder ailleurs.
Il nous rappelle que notre destin se construit bien davantage dans les gestes minuscules que nous répétons chaque jour que dans les décisions exceptionnelles que nous prenons une ou deux fois par an.
Ce n’est pas une séance de sport qui transforme notre santé, mais bien d’enfiler nos chaussures trois fois par semaine pendant plusieurs années.
Ce n’est pas une journée de lecture qui nous rend plus cultivés, c’est de lire quelques pages chaque jour, même lorsque nous n’en avons pas particulièrement envie.
Ce n’est pas une conversation qui sauve une relation, mais l’habitude de prendre régulièrement des nouvelles de ceux que nous aimons.
Notre vie ressemble beaucoup moins à une succession de grands choix qu’à une accumulation de petites répétitions. Et c’est précisément ce qui rend les habitudes si puissantes.
Le cerveau adore économiser son énergie
Notre cerveau est une machine extraordinaire, mais il est aussi incroyablement économe, chaque fois qu’il peut automatiser une action, il le fait.
C’est grâce à cela que nous pouvons conduire une voiture tout en grondant notre ado préféré, préparer notre café sans réfléchir à chaque geste ou rentrer chez nous sans avoir à analyser chaque détail de la route. Sans ces automatisations, notre cerveau serait rapidement saturé.
Le problème, c’est qu’il ne distingue pas les bonnes habitudes des mauvaises. Il automatise les deux.
Se ronger les ongles, consulter son téléphone au moindre moment d’ennui, reporter une tâche importante, se plaindre systématiquement se mélange facilement avec lire, marcher, méditer, écrire ou remercier.
Tout peut devenir automatique, notre cerveau ne juge pas, il répète.
Et plus nous répétons, plus le comportement devient naturel. Au point où nous finissons parfois par croire que « c’est notre personnalité » alors qu’il ne s’agit souvent que d’une habitude particulièrement ancienne.
Nous comptons souvent sur la motivation alors qu’il faudrait construire des systèmes.
C’est probablement l’idée qui m’a le plus marqué.
Lorsque nous voulons changer, nous cherchons presque toujours davantage de motivation.
Nous attendons le bon lundi, le bon mois, la bonne résolution, le déclic, l’élan. Comme si, un matin, nous allions enfin nous réveiller avec une envie irrépressible de faire tout ce que nous remettons à plus tard.
Le problème n’est pas que la motivation soit inutile. Au contraire, elle est souvent l’étincelle qui nous pousse à agir.
Le problème, c’est qu’elle fluctue. Certains jours, nous débordons d’énergie et d’enthousiasme. D’autres, nous sommes fatigués, préoccupés ou simplement moins disponibles mentalement. Si notre comportement dépend uniquement de notre niveau de motivation du moment, il devient inévitablement irrégulier.
Charles Duhigg nous invite à déplacer notre regard.
Plutôt que de compter uniquement sur notre motivation, il nous encourage à construire des habitudes et un environnement qui rendent les bons comportements plus faciles à répéter.
Autrement dit, il vaut mieux organiser son quotidien de manière à faciliter l’action que d’espérer disposer chaque jour d’une volonté exceptionnelle.
C’est une idée que James Clear développera lui aussi avec beaucoup de talent dans « Un rien peut tout changer », mais Charles Duhigg en pose déjà les bases : notre environnement influence souvent davantage nos comportements que notre seule détermination.
Au fond, la question n’est peut-être pas : « Comment puis-je être plus motivé ? »
Mais plutôt : « Comment puis-je rendre le bon comportement presque automatique ? »
Si ce livre vous intéresse, vous pouvez vous le procurer ou plus simplement en lire le résumé via ce lien : https://des-livres-pour-changer-de-vie.com/le-pouvoir-des-habitudes/
2. Nos croyances dessinent les frontières de notre liberté.
En ouvrant « Les Secrets d’un esprit millionnaire », je m’attendais à lire un livre sur l’argent.
Et c’est effectivement de cela qu’il parle, du moins en apparence.
Très vite, je me suis rendu compte que le véritable sujet n’était pas notre compte bancaire, mais notre manière de penser. Car avant de parler d’investissement, de revenus ou de réussite financière, T. Harv Eker pose une question bien plus profonde :
« Et si notre vie était largement influencée par les programmes que nous avons installés sans même nous en rendre compte ? »
Cette idée m’a immédiatement percuté.
Nous naissons dans une famille, une culture, un environnement. Nous entendons des centaines de phrases avant même d’être capables de les remettre en question.
« L’argent ne pousse pas sur les arbres. Les riches sont égoïstes. Ce n’est pas pour des gens comme nous. »
Mais ce phénomène dépasse largement la question de l’argent.
Nous grandissons aussi avec des croyances sur nous-mêmes.
« Je ne suis pas très sportif. Je suis timide. Je suis nul en maths. Je n’ai jamais de chance. Je suis trop vieux pour commencer la danse, plaire à cette fille, suivre cette formation que j’aimerais tant suivre. »
À force d’être répétées, ces phrases cessent d’être de simples opinions, elles deviennent des certitudes.
Et c’est précisément ce qui les rend dangereuses.
Nous ne voyons pas le monde tel qu’il est.
Nous le voyons souvent à travers nos croyances.
Deux personnes peuvent vivre exactement la même situation et en tirer des conclusions radicalement différentes.
L’une y verra une opportunité et l’autre le plus grave des dangers.
L’une considérera un échec comme une étape d’apprentissage et l’autre comme la preuve définitive qu’elle n’est pas faite pour réussir.
Ce ne sont pas toujours les événements qui changent, c’est le regard que nous portons sur eux.
Cette idée rejoint profondément le stoïcisme.
Épictète écrivait que « ce ne sont pas les choses qui nous troublent, mais le jugement que nous portons sur elles ».
Des siècles plus tard, Harv Eker emploie un vocabulaire différent, mais il nous invite finalement à accomplir un travail similaire : identifier les programmes invisibles qui orientent nos décisions.
La croyance la plus dangereuse est celle que nous ne questionnons jamais.
Ce qui m’a le plus marqué dans ce livre, ce n’est pas la promesse d’une réussite financière.
C’est cette prise de conscience que nous sommes capables de remettre en question les idées des autres, mais que nous remettons rarement en question les nôtres. Comme si elles étaient forcément vraies. Pourtant, combien de nos limites reposent davantage sur des histoires que nous nous racontons que sur la réalité elle-même ?
Bien sûr, toutes les croyances ne sont pas fausses, certaines décrivent fidèlement le monde.
Mais d’autres sont devenues si familières que nous avons oublié de leur demander leurs preuves. Et c’est là que commence, à mes yeux, une véritable démarche de liberté.
Se demander : est-ce un fait… ou une interprétation ?
Est-ce une réalité… ou une vieille histoire que je continue à me raconter ?
Ces questions peuvent sembler simples. Mais elles sont pourtant capables de transformer une vie.
Ce que ce livre a changé chez moi.
En refermant ce livre, je n’ai pas eu la tentation de courir ouvrir un compte titre ou acheter un autre bâtiment, j’ai juste eu envie d’observer mes propres pensées. De repérer ces petites phrases qui surgissent presque automatiquement lorsque je veux entreprendre quelque chose de nouveau.
« Ce n’est peut-être pas le bon moment. Et si je n’étais pas à la hauteur ? Les autres y arrivent mieux que moi. »
Pendant longtemps, j’aurais pris ces pensées pour la réalité. Aujourd’hui, j’essaie davantage de les considérer comme des hypothèses.
Car une pensée n’est pas un ordre et une croyance n’est pas une fatalité.
Et ce n’est pas parce qu’une idée nous accompagne depuis des années qu’elle mérite encore de diriger notre vie.
C’est sans doute le plus beau cadeau que m’a fait ce livre.
Il m’a rappelé que la liberté ne consiste pas seulement à choisir nos actions, mais qu’elle commence souvent lorsque nous choisissons les pensées auxquelles nous décidons de ne plus obéir. Car si nos habitudes façonnent nos journées, nos croyances, elles, façonnent souvent les habitudes que nous croyons possibles.
Et c’est précisément pour cette raison qu’elles méritent, elles aussi, d’être interrogées.
Je vous invite à lire ce livre sur l’argent ou son résumé en suivant ce lien : LES SECRETS D’UN ESPRIT MILLIONNAIRE Résumé et Avis – Harv Eker
3. Notre attention est devenue le bien le plus précieux que nous possédons
Lorsque j’ai commencé à lire « Votre attention est votre superpouvoir. » de Fabien Olicard, je pensais découvrir quelques astuces pour mieux me concentrer.
Là encore, je me suis trompé, car ce livre ne parle pas uniquement de concentration, il parle aussi de liberté, ou plus exactement de ce qui conditionne aujourd’hui une grande partie de notre liberté : notre capacité à choisir ce à quoi nous décidons d’accorder notre attention.
Cela peut sembler évident et pourtant…
Nous vivons dans une époque où tout cherche à attirer notre regard.
Notifications, réseaux sociaux, chaînes d’information en continu, publicités, vidéos qui s’enchaînent automatiquement bref des sollicitations permanentes.
Jamais, dans l’histoire de l’humanité, autant de personnes et d’entreprises ne se sont disputé une ressource aussi discrète que notre attention.
Pourquoi ?
Parce que celui qui capte notre attention influence souvent nos décisions et celui qui influence nos décisions finit parfois par orienter notre vie.
Là où va notre attention, notre vie finit souvent par suivre.
Nous pensons à raison que notre temps est notre ressource la plus précieuse. Le temps s’écoule pour chacun d’entre nous à la même vitesse, mais nous devons aussi prendre en considération notre attention, car c’est elle qui détermine ce que nous faisons de ce temps.
Deux personnes peuvent disposer de la même heure, l’une la passera à apprendre une nouvelle compétence, l’autre à faire défiler machinalement son téléphone. Une heure s’est écoulée dans les deux cas, mais les conséquences, elles, ne seront pas les mêmes.
Notre attention est comme un projecteur, elle éclaire une partie de notre réalité et ce qui reste dans l’ombre réussit souvent par disparaître de nos préoccupations.
Si nous nourrissons quotidiennement notre esprit de colère, nous finirons par voir davantage de raisons d’être en colère. Si nous nourrissons notre curiosité, nous remarquerons davantage d’occasions d’apprendre et si nous entretenons notre gratitude, nous percevrons plus facilement ce qui va bien.
Notre attention ne crée pas le monde, mais elle influence profondément la manière dont nous l’habitons.
Retrouver son attention, c’est reprendre la responsabilité de sa vie
Ce qui m’a particulièrement marqué dans ce livre, c’est cette idée simple.
Notre attention n’est pas seulement une capacité mentale, c’est une responsabilité.
Chaque fois que je prends mon téléphone sans raison précise, que j’interromps une tâche importante pour consulter une notification, que je laisse un algorithme décider de ce que je vais regarder ensuite… Je renonce, pendant quelques instants, à choisir consciemment la direction de mon esprit.
Évidemment, il ne s’agit pas de diaboliser la technologie, je l’utilise tous les jours et elle m’apporte énormément de choses.
Elle me permet d’écrire ces lignes, de communiquer, de travailler et d’apprendre.
Le problème n’est donc pas l’outil.
Le problème apparaît lorsque nous cessons de choisir et que nous nous contentons de réagir.
Lorsque notre attention devient le produit que d’autres cherchent à acheter.
Ce que ce livre a changé chez moi !
En refermant ce livre, je me suis posé une question qui m’accompagne encore aujourd’hui.
Qui décide réellement de ce qui occupe mes pensées ?
Est-ce moi ?
Ou bien les sollicitations qui se succèdent du matin au soir ?
Depuis, je fais davantage attention à ces moments où ma main se dirige presque automatiquement vers mon téléphone.
À ces instants où je passe d’une tâche à une autre sans véritable raison.
À ces minutes qui semblent insignifiantes, mais qui, accumulées au fil des jours, finissent par représenter des heures… puis des semaines.
Je ne cherche pas la perfection, je ne crois pas qu’elle existe.
En revanche, j’essaie de protéger un peu mieux ce que j’ai de plus précieux : ma capacité à décider où je pose mon regard, où j’investis mon énergie et ce que je laisse entrer dans mon esprit.
Car c’est là que j’ai retrouvé le fil conducteur de cette lecture.
Charles Duhigg m’a appris que nos habitudes façonnent notre quotidien.
T. Harv Eker m’a rappelé que nos croyances orientent nos choix.
Et Fabien Olicard m’a montré que notre attention détermine souvent lesquelles de ces habitudes et de ces croyances seront renforcées… ou transformées.
Finalement, ces trois auteurs parlent de la même chose. La liberté.
Non pas celle qui dépend des circonstances, mais celle qui se construit de l’intérieur.
Une liberté qui commence lorsque nous cessons de vivre en pilote automatique, que nous observons nos habitudes, que nous questionnons nos croyances et que nous reprenons, jour après jour, le contrôle de notre attention.
Parce qu’au fond, il est difficile de changer une vie sans changer ce à quoi nous prêtons attention.
Et il est tout aussi difficile de rester libre lorsque d’autres choisissent à notre place ce qui mérite notre regard.
Si le sujet de l’attention vous semble important, j’en avais déjà parlé dans cet article : Votre attention : comment en faire un super-pouvoir ? — Nos états d’Am’s
Conclusion La liberté se construit avant de se défendre.
En refermant ces trois livres, je me suis rendu compte qu’aucun d’eux ne parlait réellement de ce que je croyais.
Charles Duhigg ne parle pas seulement d’habitudes, T. Harv Eker ne parle pas seulement d’argent et Fabien Olicard ne parle pas seulement d’attention.
Tous les trois parlent, chacun à leur manière, de notre liberté. Ou, plus exactement, de tout ce qui peut la limiter sans que nous en ayons conscience : nos habitudes, nos croyances, notre attention.
Pendant longtemps, j’ai pensé que la liberté consistait principalement à supprimer les contraintes extérieures.
Avoir davantage de temps, d’argent, plus de choix, plus d’autonomie.
Aujourd’hui, je crois que cette vision est incomplète.
À quoi servirait de disposer de journées entièrement libres si mes habitudes continuaient à décider à ma place ?
À quoi servirait de gagner mon indépendance financière si je restais prisonnier de croyances qui me poussent à agir contre mes propres intérêts ?
À quoi servirait de vivre dans le pays le plus libre du monde si je laissais chaque notification, chaque distraction ou chaque algorithme choisir ce qui mérite mon attention ?
La liberté extérieure est précieuse, mais elle devient fragile lorsque la liberté intérieure fait défaut.
À l’inverse, une personne qui apprend à gouverner ses habitudes, à interroger ses croyances et à protéger son attention, possède déjà quelque chose que personne ne peut facilement lui retirer.
Cette réflexion m’a d’ailleurs ramené à Olivier Roland.
Depuis de nombreuses années, il partage une conviction qui résonne profondément avec la mienne : la liberté n’est pas un privilège réservé à quelques-uns. C’est un projet de vie qui se construit, parfois à contre-courant, en faisant des choix assumés.
Son dernier livre, « Tout le monde n’aura pas la chance de quitter son pays », pousse cette réflexion encore plus en profondeur. Bien plus qu’un livre sur l’expatriation, j’y vois une invitation à nous poser une question essentielle :
« Que sommes-nous prêts à faire pour protéger notre liberté lorsque notre environnement évolue dans une direction qui ne nous correspond plus ?
Cette question dépasse largement le choix d’un pays, comme le pensent souvent les jeunes, partir à Dubay, en Thaïlande ou aux Seychelles n’y changera rien. Elle nous oblige à réfléchir à la manière dont nous voulons vivre, à ce que nous sommes prêts à accepter et à ce que nous refusons de laisser décider à notre place et le livre regorge d’astuce à mettre ne place facilement pour se protéger.
Les stoïciens nous rappelaient qu’il existe des choses qui dépendent de nous et d’autres qui ne dépendent pas de nous.
Je crois que les auteurs de ces livres disent finalement la même chose, avec des mots différents.
Nous ne choisissons pas toujours notre époque, nous ne choisissons pas toujours les règles du jeu et nous ne choisissons pas toujours les événements qui traversent notre vie.
En revanche, nous pouvons apprendre à choisir nos habitudes, à remettre en question certaines de nos croyances et à reprendre le contrôle de notre attention.
Et parfois, lorsque les circonstances l’exigent, à faire des choix de vie courageux pour préserver cette liberté que nous avons commencé à construire de l’intérieur.
Au fond, la liberté n’arrive pas un beau matin comme une récompense.
Elle se cultive, se travaille, s’entretient.
Un livre après l’autre, une idée après l’autre, une habitude après l’autre et, surtout, un choix après l’autre.
C’est peut-être cela que ces lectures m’ont offert cette année.
Non pas des réponses définitives, mais une certitude.
Nous avons souvent plus de marge de liberté que nous le croyons.
À condition d’oser regarder en face ce qui nous dirige encore… pour reprendre, progressivement, la responsabilité de notre propre vie. Sans quoi notre pseudo-liberté risque de ressembler à une magnifique prison dorée.
À très vite pour la suite.
Vous pouvez lire aussi : Les livres qui influencent qui je suis (et influenceront qui vous êtes) — Nos états d’Am’s